vendredi 22 août 2014

Sans titre


Le choix du titre est peut être le moment où je m'amuse le plus, et j'ai la faiblesse de penser que nombre de blogueurs sont dans mon cas. Quand on a trouvé un bon titre et une belle illustration on peut penser, voire espérer que cela va attirer les foules...tout ça est très con...
Bref, pour ma part je n'ai rien trouvé, rien cherché ..et voilà
Comment font les blogueurs historiques ? Pendant huit, dix ans ils écrivent quasiment quotidiennement des articles, billets, qui nécessitent souvent un travail de fonds important. Vous allez me dire, ils ont la foi, eux, ils sont lus par n ou x personnes. On peut noter que les statistiques en la matière sont ambigües ...en réalité peu importe les chiffres, ils ont des choses à dire et ...ils les écrivent. Tout ça reste bien enfantin, c'est probablement la raison pour laquelle, je vais écrire encore ces quelques lignes.
Je rencontre pas mal de difficultés à exprimer des opinions tranchées sur la question religieuse. Il n'y a pas de honte à ça. J'avais pu lire par hasard une polémique assez dure entre blogueurs sur la question de la prise de position. Il faut se mouiller, avoir un avis sur tout, défendre un point de vue, être convaincu, se battre pour une idée, se passionner, quitte à se tromper ....le tiède , celui qui prend le temps de la réflexion n'aurait plus sa place dans le débat d'idées. Si tu ne choisis pas ton camp, tu es un mou, tu dois te taire.
Bref, pour le sujet qui m'étreint en ce moment, je suis sec. Aussi, je vais aborder très brièvement la question religieuse par le biais du conflit au moyen orient.
Si des types comme moi ont du mal à se positionner sur une question donnée (pas celle là), d'autres ne craignent pas d' exprimer leurs opinions, même les pires, lors de manifestations périlleuses organisées dans un pays qui n'a rien à voir avec tout ça. On y reviendra.
Afin d'illustrer cette erreur manifeste ( c'est le cas de le dire), je ferai référence à deux articles transmis aujourd'hui même par un ami (qui n'a pas donné son âme à un clown, enfin pas encore).
Le premier est écrit par Pierre Jourde (Le Monde). Il tente d'ouvrir les yeux à ces manifestants convaincus.
Un de ses arguments qui m'a le plus amusé (un rien m'amuse) de par son évidence criante est celui ci : " Il vaut mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe" même peut être, ajoute t'il "arabe dans un pays arabe". Cela ne se discute pas même si Netanyahu m'est presque aussi sympathique que les Le Pen réunis.
Par ailleurs, il pose les questions suivantes :
Dans le cas ou leur colère manifestante est motivée par la volonté de défense d'une communauté opprimée, pour quelles raisons ils se limitent à la question palestinienne ?
Dans le même ordre d'idée, en se plaçant dans le cadre religieux, on pourrait s'interroger sur une solidarité musulmane à deux vitesses. Bizarrement, l'intérêt semble plus grand lorsque l'état juif est en cause.
L'autre article est une interview du Grand Rabbin de France. En quelques mots, il déclare que toutes ces manifestations violentes ne peuvent que "légitimer la haine chez des esprits faibles",  sous couvert d'antisionisme,ils révèlent leur antisémitisme. Tout ça a fait remonter chez les anciens des souvenirs comparables à la nuit de cristal....
A quel titre ?

jeudi 7 août 2014

Les décisions des cons cons



Hervé Mariton s'est lancé un défi : être président de l'UMP. Beau challenge.
Sa méthode est simple et efficace. Alors que peu d'acteurs sont sur la scène politique durant la
première quinzaine du mois d'août, lui, il va occuper le terrain partout et tout le temps.

D'un autre côté il a raison, ses prises de positions sont très représentatives de la droite française.
Bref, son dernier cheval de bataille, la décision du conseil constitutionnel relative au pacte de responsabilité et de solidarité, texte courageux nécessaire voire indispensable, mais la question n'est pas là.
Ce monsieur, qui a autant chances (au pluriel?) d'être élu président de l'UMP que moi Miss France (je n'ai pas dit mister car la proportion n'aurait pas été respectée), se glose de la décision de non conformité partielle en faisant valoir l'incompétence du gouvernement.
Je rappelle juste qu'en visionnant rapidement ces fameuses décisions publiées lors des années 2010, 2011, et 2013, on peut constater que la précédente majorité largement soutenue par Hervé Mariton a enregistré  plus de 55% de non conformité partielle ou totale des textes soumis, à comparer aux 38% de l'actuelle.
Les chiffres sont cruels. Pour ceux qui doutent encore, j'ajoute que le nombre de textes est comparable d'une année sur l'autre.


Il est quand même heureux que les membres de droite soient largement majoritaires au sein du conseil. Il est vrai aussi, que le nombre de femmes est très faible ; et il est à noter qu'elles ont toutes été nommées par la gauche, probablement une manie des progressistes.

Quelques mots quand même sur la décision elle-même.

La raison principale de non conformité de l'article sur la réduction des cotisations salariales est le non respect du principe d'égalité....
J'en resterais coi. On peut se poser ainsi la question de la primauté de l'égalité sur l'équité ou celle de l'utilité de la discrimination positive, de ce qui est juste ou injuste, ou pour aller plus loin de la sixième république et d'une nouvelle constitution . Parce qu'enfin, être rémunéré moins de 1,3 fois du smic relève toujours d'un principe égalitaire ?
Ce concept d'égalité est sûrement un bon sujet de philo mais nos vieux sages (je n'ai pas dit singes)
n'ont plus l'âge de le traiter. Et tout ça grâce à l'UMP...


lundi 4 août 2014

Renaissance


Je le concède, le titre est un peu pompeux. En guise de renaissance, il s'agit simplement du redémarrage  d'un blog. J'aurais pu intituler ce billet "le retour d'un piètre lecteur".
Je pensais qu'après quinze jours de repos, au moins une demie douzaine de sujets d'articles auraient
germé. Que nenni ! Le cerveau fut autant en jachère que le blog.
Pour éviter une reprise sur un sujet d'actualité, je choisis d'écrire quelques mots sur mes lectures de la quinzaine. Je ne pouvais pas évoquer à nouveau la situation à Gaza ou les manifs en France...j'ai d'ailleurs lu un édito dans Sud Ouest sur le sujet avec lequel j'étais plutôt en phase (j'ai oublié le nom du journaliste). Tout en nuance il renvoyait dos à dos Netanyahu et le Hamas....cela dit, on est en droit de penser que la plaisanterie commence à durer et qu'il serait bon qu'Israel arrête son entreprise de démolition (il est probable que ce sera avec l'argent de la communauté internationale, bien à la peine en ce moment, et en particulier avec des fonds européens que tout cela sera reconstruit) et les victimes ? Ça peut suffire non ?
Évidemment, il était facile d'évoquer aussi la loi sur la transition énergétique. Intéressant mais qui mériterait une analyse un tant soit peu élaborée.
.....ou de s'arrêter sur quelques phrases de Valls quelque peu inquiétantes (énigmatiques ?) sur de
nouvelles difficultés sur le front économique à la rentrée....

Non trop complexe tout ça.

Donc les bouquins de la quinzaine :

Mon programme ambitieux est dans l'illustration.  Ambitieux car largement plus de mille pages pour le bouquin primé de Moix, et au moins quatre cents pour chacun des deux autres.
Incapable de réaliser une critique littéraire, je vais en quelques mots régler le cas de Naissance. Difficile d'être objectif car j'ai calé pour l'instant au bout de deux cents pages. L'horreur des termes employés par des parents accueillant un nouveau né est pour le moins surprenant. L'auteur manifestement régle un compte avec son père et ce n'est guère passionnant. Ok le style, il est sûrement génial, mais les pages où il faut s'accrocher ne sont pas rares.
En ce qui concerne la biographie de Thiéfaine écrite par un certain Théfaine, c'est bien entendu très différent. Facile à lire. Le personnage est particulièrement attachant. L'écorché vif, le révolté qui n'a
jamais été révolutionnaire est inclassable politiquement. Il est vrai que c'est avant tout un poète qui a
connu sa période d'anarchiste situationniste. Cet ex séminariste d'une culture hors norme (à chaque cd
j'´apprends au moins un ou deux nouveaux mots) n'a pas fait que donner son âme à un clown, il l'a
échangée contre le succès et le talent qu'il avait déjà.
J'y vais tout doucement, pour ne pas heurter, pour ne pas choquer, pour ne pas avouer de manière trop abrupte que le bouquin de Didier Goux fut un très bon moment. Sur les conseils de l'auteur, j'avais pris la précaution de garder ce journal pour la plage.
Son année 2013 est dramatiquement passionnante. Difficile de concéder que la qualité d'écriture et la sensibilité d'expression ne laisse que peu de temps pour reprendre son souffle.
Je n'ai pas souhaité découvrir son œuvre avec "En territoire ennemi". Je pense avoir fait le bon choix. J'évite ainsi des prises de position trop extrêmes ou sensibles. Je pense que son talent est celui d'un romancier et non d'un essayiste. La lecture de son œuvre n'apporte que du plaisir.
On est intéressé par tout, sans voyeurisme (enfin je l'espère). Par exemple, son différent (léger) avec Renaud Camus est particulièrement savoureux. Si j'ai bien compris, il pense que Camus idolâtre une bourgeoisie des années cinquante qui n'aurait existé que dans l'esprit de son ami. A mes yeux, cela est
particulièrement intéressant si on se place dans une réflexion politico-sociale. En caricaturant, on peut se poser la question, est ce que le réac est un nostalgique nauséabond ou simplement rêveur ? En tous cas, pour ma part, je crois être un anti-réac manichéen et naïf sans conscience réelle de l'évolution ou des travers societaux. Mais ça me va bien. Comme disait l'autre, laissez moi mes complexes, ils m'aident à vivre. Il aborde aussi la question posée par Sartre de la "grande musique". Terme qu'il attribut à un milieu plutôt prolétaire alors que Michel Desgranges ( je crois, je n'ai pas pris de notes...)  pense à tort que JP Sartre qualifie de grande cette musique classique de par son niveau.....
Didier Goux perd un être cher en 2013 et décrit "tout ça" avec beaucoup de pudeur et j'allais dire de talent mais je crains d'aller trop loin et que cela le gonfle.
Néanmoins, modestement, je l'encourage à mon tour d'écrire un roman. Il connaîtra un vrai succès, je n'en doute pas un instant.
Pour ma part, je ne sais comment conclure ??? Renaître oui mais pourquoi ?